Ouverts sur l'ailleurs, les portraits d'Elia Kleiber contiennent le souvenir de l'idendité passée, mais aussi l'expérience des événements anticipables dans l'avenir. Le déplacement vers l'Orient, mais aussi la trace du retour de là-bas. Car on sait de qui il est tracé un portrait : de telle femme du Nord ou du Sud, dont le parcours est connu du peintre.
Dès le premier regard, il est clair que le portrait ne s'enferme pas ici dans l'effigie, cette image fixant définitivement l'idendité personnelle dans une pose destinée à défier l'usure du temps. En effet, s'écartant de la profondeur peinte des portraits, une lucarne de plexiglas coulisse latéralement, pour élargir en position ouverte la surface de l'oeuvre, tout en dégageant apparemment du corps peint. Surgissent alors les contours d'une silhouette précise qui s'y trouvait recueillie en position close, report fidèle de l'image photographiée.
Ce dispositif va plus loin qu'une idée originale renouvelant simplement le procédé du portrait caractéristique des personnes. Il entérine la coexistence de deux modes d'expression, en superposant peinture et photographie.